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des actualités du C.S.H.S.P.
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Juin 98 27 juin : table ronde avec le CSHSP 
Le CSHSP à la Gay Pride de Paris & photos (20 juin) 
LIBE : Qui décide de ma vie privée ?Par DIDIER ERIBON 
Le CSHSP à la Gay Pride de Nantes (6 juin) 
Sans-papiers : Situation régularisée pour un gay mauricien
Mai 98 Article paru dans LESBIA 
Article paru dans EX-AEQUO 
Communiqué de presse du CSHSP 
Premier résultat du CSHSP : régularisation de Nazeer 
Article paru dans l'Express (Ile Maurice) 
Cérémonie-marathon de parrainages républicains
Avril 98 Libé fait un portrait de l'amour sans papiers 
Têtu sort un article sur les sans papiers homos 
Le Collectif participe à la manisfestation nationale des sans papiers 
Emission Radio "Migrants contre le Sida"
Mars 98 Les premiers pas du Collectif : manisfestation nationale contre le FN
 
 
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Le C.S.H.S.P. à la Gay Pride de Paris - 20 juin 1998
 
 
COMMUNIQUE DU COLLECTIF DE SOUTIEN DES HOMOS SANS PAPIERS
22 JUIN 1998
Le CSHSP se félicite de l'accueil qui  a été fait  à sa présence, pour la première fois, à la Gay Pride de Paris. Sous la bannière "collectif des homos sans-papiers",  ce sont non seulement des dizaines de membres du collectif mais aussi de nombreux sympathisants des sans-papiers homosexuel(les) et transsexuels qui se sont retrouvés pour distribuer, tout au long de la marche, les 15000 exemplaires de notre "lettre ouverte à M. Jospin" et scander les slogans du collectif demandant la régularisation de nos ami(e)s, de nos amant(e)s et, plus largement, de tous les sans-papiers. 

Le CSHSP remercie vivement de leur soutien le Centre Gai et Lesbien, Act-Up, Ras'l Front, le Collectif de la Lesbian and Gay Pride de Paris mais aussi toutes les associations qui, à l'instar de la LDH, du GISTI, d'Amnesty International, se sont prononcées clairement, à l'issue de la marche, en faveur de la régularisation des homosexuel(le)s et transsexuels sans papiers.Nous remercions pour leur soutien Mme Aline  Paillier, député européenne, ainsi que M. Serge Guichard, au nom du Parti  Communiste Français. Nous remercions chaleureusement tous les sans-papiers issus des autres collectifs qui sont venus nous témoigner leur soutien à l'occasion de la marche. Le CSHSP salue l'ensemble des collectifs de sans-papiers qui par leur combat ont permi aux homosexuels et transsexuels sans-papiers de participer à la lutte pour la régularisation de tous. 

Ce sont vraisemblablement quelques milliers de femmes et d'hommes homosexuels ou transsexuels qui aujourd'hui sont venus vivre dans notre pays avec l'espoir d'échapper aux pressions familiales sociales et politiques, voire aux persécutions, dont ils sont victimes dans leurs pays d'origine, en raison de leur orientation sexuelle. Beaucoup d'entre eux vivent avec une française, un français ou un étranger en situation régulière qui ne comprennent pas qu'on ne puisse faire droit à leur désir de vivre avec la personne de leur choix. Le collectif s'inquiète de la double discrimination dont sont victimes les étrangers homosexuels et 
transsexuels sans papiers, qui vivent en France, pour la plupart, depuis de longues années, sans espoir d'obtenir la reconnaissance minimale qu'accorderait une carte de séjour, fondée sur la reconnaissance de leurs droits à une vie privée. 

Comme il a eu l'occasion de l'indiquer récemment au président Galabert, chargé de mission pour les sans-papiers par Matignon,à l'occasion d'un entretien long et approfondi de deux heures, le Collectif souhaite que les pratiques administratives, les circulaires d'application et, à terme, la loi évoluent afin que soient pris en compte pour les homosexuel(le)s et transsexuels étrangers le droit au refuge ou à l'asile en raison de leur appartenance à un groupe social qui entraîne pour eux des risques moraux et physiques. 

Le Collectif souhaite que la future loi sur le PACS prenne en compte positivement et concrètement la situation des partenaires étrangers: il faut que le PACS permette à celles et à ceux qui vivent avec un français ou un étranger en situation régulière d'obtenir par le biais de ce pacte le droit au séjour dont ils auraient été privés au départ. 

Beaucoup de couples gais et lesbiens voient leur avenir suspendus à la reconduction d'année en année d'études entreprises non seulement pour obtenir un diplôme mais aussi le plus souvent, à terme, parce que c'est le seul moyen pour le partenaire étranger d'obtenir la reconduction de son droit au séjour. Nous demandons que soit prise en considération le droit à la vie privée des couples gais et lesbiens pour qu'à l'issue de ses études le partenaire étranger puisse bénéficier d'une carte de séjour lui accordant le droit de vivre et travailler en France. 

Le PACS peut et doit être amélioré, afin que les couples binationaux voient leurs droits à vivre ensemble reconnus et respectés. En ce sens, les effets positifs doivent en être immédiats et non conditionnés  par une durée minimale; cela équivaudrait à une discrimination, de fait, entre les couples contractants d'un PACS et ceux  qui, pouvant accéder au mariage, bénéficient immédiatement de ses effets juridiques. Le PACS doit générer de nouvelles solidarités et non de nouvelles formes, plus ou moins subtiles, d'exclusion. 

Le Collectif de Soutien des Homos Sans Papiers appelle les associations, les syndicats, les partis politiques et l'ensemble des citoyennes et citoyens qui s'estiment concernés à se réunir, au mois de septembre, pour la constitution d'Etats généraux de l'homosexualité. Il est urgent d'entreprendre, tant au niveau national qu' européen, un état des lieux des droits qui restent à construire pour que les homosexuel(le)s et transsexuels, en France et en Europe, puissent bénéficier, rapidement et concrètement, d'une réelle égalité citoyenne. Une telle initiative peut et doit être entreprise avant que ne soit conduit devant le parlement français l'examen de la loi sur le PACS, si l'on souhaite que le texte voté finalement soit le meilleur possible pour toutes celles et tous ceux qui devraient pouvoir en bénéficier, notamment les couples homosexuels et lesbiens.  

Communiqué de presse avant la Gay Pride
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Pour ou contre la reconnaissance légale des couples homos? 

Qui décide de ma vie privée ? 

Par DIDIER ERIBON  
(l'auteurest écrivain et journaliste. Dernier livre: «Michel Foucault et ses contemporains», Fayard, 1994. ) 
20/06/98

 
 
J'ai été très étonné de lire, dans Libération (27 mai 1998), l'interview d'Irène Théry consacré à la «solution» qu'elle avance pour les couples du même sexe dans le rapport qu'elle vient de rendre à la ministre de la Justice. Elle s'y présente en effet comme la meilleure avocate des droits des homosexuels. Il est clair pourtant que sa «solution» est très en retrait par rapport à la proposition de loi issue du projet qu'on appelait jusqu'ici le CUS et qu'on appelle désormais le Pacs. Sans même parler de la revendication avancée par les associations gays et lesbiennes d'une pure et simple égalité des droits, et donc du droit au mariage. Bien sûr, quand Irène Théry propose de considérer le concubinage comme un «état de fait créateur de droits» et d'appliquer cette définition aux couples homosexuels aussi bien qu'aux couples hétérosexuels, il s'agit d'un réel progrès puisque, dans la situation actuelle, les couples homosexuels n'ont aucun droit. Mais il est évident que le plus important dans la «solution» de Mme Théry, ce n'est pas ce qu'elle accorderais ce qu'elle refuse. On le voit dès les premières pages de son rapport. Elle y définit le mariage comme «l'articulation de la différence des sexes à la différence des générations», c'est-à-dire l'union d'un homme et d'une femme pour faire des enfants. Ce qui exclut d'une seule phrase les couples du même sexe (et devrait d'ailleurs exclure logiquement tous les couples hétérosexuels qui ne se reconnaissent pas dans cette définition). Les homosexuels se retrouvent donc cantonnés dans la section qui traite du concubinage. C'est un premier niveau de discrimination. Mais Mme Théry en ajoute un second: après avoir dit que c'était l'honneur du pays de refuser toute discrimination entre concubins hétérosexuels et homosexuels, elle écrit quelques pages plus loin que le droit à l'adoption sera réservé aux seuls concubins hétérosexuels. Tout cela revient à dire que les homosexuels ne peuvent pas accéder au mariage parce qu'ils ne peuvent pas avoir d'enfants, et qu'ils ne peuvent pas accéder à l'adoption parce qu'ils ne doivent pas en avoir. Dans l'interview de Libération, Irène Théry ne prend pas la peine de s'expliquer sur ces points. Elle était plus explicite dans son article de la revue Esprit, en octobre 1997, avouant qu'elle s'opposait au contrat d'union sociale parce qu'il ressemblait à un «mariage bis» et qu'il déboucherait inévitablement sur le droit à l'adoption pour les homosexuel(les) et à l'insémination artificielle pour les lesbiennes. Ce qui, disait-elle, mettrait en péril «l'ordre symbolique» sur lequel se fonde la société. Il était frappant de constater que certaines de ses formulations étaient quasiment identiques à celles de Christine Boutin, députée d'ultradroite, mobilisée elle aussi contre ce «mariage bis» qui allait transgresser les «frontières posées par la nature» et mettre en danger les fondements «symboliques» de la civilisation. On retrouve ici l'écho d'un des plus vieux thèmes du discours homophobe: les homosexuels sont un danger pour la société. 

Dans l'interview de Libération, Mme Théry se plaint des «manoeuvres staliniennes» dont elle aurait fait l'objet. Elle fait sans doute allusion aux réactions véhémentes des associations gays et lesbiennes. Et elle s'attribue le noble rôle de celle qui fait exister le «débat intellectuel». Les écrits de Mme Théry ne sont pas des textes théoriques: ce sont des interventions idéologiques et politiques dont l'objectif affiché est d'acquérir force de loi. Ce sont des «propositions» destinées à façonner le droit qui va régler nos vies. Or, pour parler sur un plan personnel, la manière dont elle entend régler ma vie va m'empêcher d'aimer qui je veux et comme je veux. Je vis avec un garçon américain. Il envisage de s'installer en France quand sa thèse sera terminée. Avec la «solution» de Mme Théry, telle qu'elle est formulée actuellement, il ne lui sera pas possible d'obtenir un titre de séjour au nom du couple que nous formons. Par conséquent, en excluant toute «solution» qui ouvrirait sur les droits les plus larges, en combattant avec acharnement non seulement le droit au mariage mais aussi le CUS ou aujourd'hui le Pacs, Mme Théry nous interdit de vivre ensemble. Elle interdit également à un tel couple de pouvoir être reconnu à l'étranger, même dans les pays européens. Des milliers d'autres couples sont dans des situations encore plus difficiles que la nôtre. Par exemple, lorsque le partenaire étranger est originaire d'un pays dont les ressortissants doivent obtenir un visa pour entrer en France (visa souvent refusé). Et que dire des gays et des lesbiennes qui doivent cacher leur homosexualité ou se prétendre «célibataires» pour pouvoir adopter un enfant? Ou des lesbiennes qui doivent accomplir le voyage aux Pays-Bas pour obtenir une insémination artificielle, comme les femmes devaient le faire autrefois pour pouvoir avorter? Comment, dès lors, ne pas éprouver un sentiment de révolte quand on voit que ce sont les mêmes qui d'un côté interviennent politiquement dans nos vies privées, et de l'autre passent leur temps à dénoncer, sous l'accusation de «communautarisme», tous les mouvements qui s'efforcent de placer les questions sexuelles dans l'espace public et politique. Le débat auquel on assiste actuellement montre qu'il n'y pas de frontière entre la politique et la vie privée. Les vies privées sont régies par le droit, et le droit institué par la politique. La preuve: Mme Théry, et tant d'autres avec elles, invoque toujours l'intérêt supérieur de la société pour décider ainsi de nos vies. C'est oublier un peu rapidement que nous faisons partie de cette société.Et nous ne sommes pas disposés à nous soumettre en silence à leurs diktats.

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Le C.S.H.S.P. à la Gay Pride de Nantes - 6 juin
 
 
Le C.S.H.S.P. était présent à la Gay Pride de Nantes du 6 juin. Cette année le thème était : Droits des Lesbiennes & Gay. C'est la Gay Pride la plus "active" de la région malgré une participation légèrement en baisse par rapport aux précédentes éditions. On peut noter la participation pour la première fois d'Amnesty International et de la Ligue des Droits de l'Homme. Les Sans Papiers en lutte à Nantes ont fait les 2/3 du parcours avec la Lesbian & Gay Pride pour ensuite bifurquer car ils avaient décidés d'un blocage des trams. Le C.S.H.S.P. a fait en fin de manifestation une prise de parole de quelques minutes pour expliquer son action. 500 "Manifeste/Pétition" ont été distribués avec un accueil très chaleureux, les Nantais étant assez bien sensibilisés par les problèmes des sans papiers en général.
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Sans-papiers : Situation régularisée pour un gay mauricien
Nazeer Shadoo Buccus, un homosexuel mauricien vivant sans-papiers avec un enseignant français et qui était menacé d'expulsion a vu sa situation régularisée dans le cadre de la circulaire de Chèvenement. Originaire d'un village du Nord, Buccus était entré en France en 1992 sans visa de séjour.

  Nazeer Shadoo Buccus:
                            "J'ai enfin le droit de vivre en France"

Nazeer Shadoo Buccus, un homosexuel mauricien vivant en France, faisait partie des quelque 150 000 étrangers sans-papiers qui ont présenté une demande de régularisation. Originaire d'un village du Nord, il est entré en France en 1992, sans visa de séjour.
  Menacé d'expulsion, il s'est battu pour rester dans l'Hexagone. Un article paru le 29 avril dans
l'hebdomadaire français "Libération" racontait le combat de ce Mauricien d'origine et de son
compagnon Lionel Povert, un enseignant français.Après des années de galère, il voit enfin sa
situation régularisée dans le cadre de la circulaire Chevènement.

                             Propos recueillis par Soraya PATEL

Après de nombreuses démarches, votre situation a donc été régularisée le 22 mai.
Comment l'avez-vous appris ?
  J'ai reçu une convocation de la préfecture. La même semaine, une lettre du
  ministère de l'Intérieur m'annonçait que j'allais être régularisé. Ce vendredi, je
  me suis rendu à la préfecture et ils m'ont régularisé.

Vous êtes de nationalité mauricienne, vous vivez en situation   irrégulière en France depuis 1992. Qu'est-ce qui vous a attiré en France, au départ?
  Quand j'avais 17-18 ans, j'ai commencé à rêver de partir pour la France: j'étais
  attiré par la culture française, j'aimais beaucoup les chansons françaises. Des
  amis sont allés en Angleterre, en Italie. J'ai déjà eu l'occasion de partir à
  l'étranger, mais je n'ai pas voulu y rester. Pour moi, c'était la France. Je m'étais
  mis dans la tête qu'un jour j'irais en France que je vivrais là-bas. L'île Maurice,
  pour moi, c'était tout petit. La France, c'était le rêve de vivre autrement, plus
  librement.

Quelle a été l'attitude de vos parents lorsque vous avez décidé de partir? Qu'en pensaient-ils?
  Toute ma famille, mes parents savaient que je voulais partir en France. Ils
  savaient que je n'irais pas pour des vacances. Au début, ils ne voulaient pas que
  je parte. Quand ils ont vu que j'étais malheureux, ils m'ont dit: "Si tu veux y aller,
  tu pars si tu as l'argent. Tu sais très bien que l'Europe c'est différent. Là-bas la
  vie est plus difficile, mais si c'est ce que tu veux". J'ai travaillé très dur à l'usine.
  J'économisais l'argent pour venir en Europe. Mes parents m'ont aussi aidé. Ils
  savaient très bien que je n'étais pas heureux à Maurice.

Comment êtes-vous arrivé en France?
  A l'âge de 25 ans, j'avais fait une demande de visa pour venir en France en
  touriste, mais je ne l'ai pas obtenu. Un an après, je voulais toujours aller en
  France.

Et comment avez-vous rencontré la personne qui vous a permis d'aller en France?
  A Port-Louis, des agences de voyages vous proposent leurs services. J'ai pu
  ainsi avoir un visa pour la Belgique. En Belgique, j'ai payé un passeur et je suis
  arrivé en France.

Comment avez-vous vécu ces cinq années sans papiers en France?
Comment vit-on quand on n'a pas d'existence officielle dans un pays?
  C'est très difficile. Moi je savais, quand j'ai quitté Maurice, que ce serait très
  difficile: je n'avais pas de famille ici (NdlR: en France), pas d'amis. Je voulais
  entrer en France, y vivre, me débrouiller pour rester et avoir mes papiers et
  retourner voir mes parents, mais vivre en France quand même. C'était très dur au
  début.

Avez-vous toujours vécu à Paris pendant les cinq ans que vous avez passés ici?
  Oui, j'ai toujours été à Paris. Au début, des Mauriciens m'ont hébergé, certains
  trois-quatre jours, certains une semaine, un autre sept mois. J'ai vécu comme ça.
  Il y a des gens qui m'ont hébergé quelque temps, mais comme je n'avais pas de
  papiers, je n'avais pas toujours du travail. Je travaillais au noir. Parfois, je
  perdais mon travail. Et là, je n'arrivais pas à payer le loyer. Il me fallait payer FF
  2 000 tous les mois, chez les personnes qui m'hébergeaient. Comme je n'avais pas
  de papiers, ils me disaient à un certain moment: "Bon, on ne peut pas te garder
  maintenant. Tu cherches un autre endroit". Et je devais changer de logement.

Comment trouve-t-on du travail sans papiers?
  Des copains parlent de vous à leur patron, qui vous propose un petit boulot
  pour quelques jours. J'ai beaucoup travaillé. J'ai fait du repassage au noir de 7
  heures du matin à 10 heures du soir. Je faisais de la couture aussi. Mon frère était
  tailleur à Maurice. A une époque, j'ai travaillé avec lui, j'ai appris un peu. C'est ça
  qui m'a aidé. J'ai travaillé dans la confection, mais j'étais exploité. Les patrons,
  quand ils savent que vous êtes un étranger qui n'a pas de papiers, ne veulent pas
  vous payer. Il y a même un patron qui ne m'a pas payé deux mois de salaire. Il y a
  plusieurs endroits où je n'ai pas été payé. Mais je ne pouvais rien faire.

C'est une vie quotidienne où vous ne pouvez jamais oublier que vous n'avez pas de papiers, en fait. Pensiez-vous toujours à cela?
Aviez-vous peur?
  Au début, en novembre 1992, j'avais fait une demande de réfugié politique. J'ai
  donc eu des autorisations provisoires de séjour qui m'ont permis de vivre
  pendant sept mois en situation régulière. Pendant ces sept mois,  j'ai travaillé,
  j'ai ramassé des sous. Mais comme Maurice n'a pas de problèmes politiques, ma
  demande a été rejetée. Et à partir de 1993, j'étais en situation irrégulière. En
  fait, on ne peut pas oublier qu'on n'a pas de papiers. Et même maintenant, je ne
  pourrai pas oublier comment je suis entré en France, comment j'ai vécu. Je
  n'avais pas vraiment peur. Je me demandais toujours pourquoi les policiers
  m'arrêteraient: je ne suis pas un voleur, je ne suis pas un terroriste. Pourquoi
  m'arrêteraient-ils? Je considérais les policiers comme des gens normaux, des
  gens comme moi. Une fois, des flics m'ont arrêté. J'étais dans la rue, ils m'ont
  arrêté, et ils m'ont demandé mes papiers. Je leur ai dit: "Excusez-moi, j'ai changé
  de blouson et j'ai oublié mon portefeuille avec mes papiers d'identité à la
  maison". Ils m'ont demandé mon nom. Je le leur ai dit. Ils m'ont dit: "Bon, tu peux y
  aller, mais la prochaine fois il faut que tu aies une pièce d'identité". Je me disais
  que de toute façon, ils ne me feraient rien parce que je n'avais fait de mal à
  personne. Il y a beaucoup de personnes ici en France qui n'ont pas de papiers.

Vous n'aviez pas de visa de séjour et vous saviez que cela poserait problème en arrivant?
  Oui, je le savais. Je connaissais des Mauriciens qui étaient venus en France. Ils
  racontaient qu'ils avaient eu beaucoup de problèmes. Mais je ne me suis jamais
  découragé. Je savais que ce qu'on me disait était vrai, qu'il y a beaucoup de
  difficultés pour les étrangers en France, que la vie est plus dure, mais moi je
  voulais aller vivre en France.

Vous avez déposé un dossier de demande de régularisation en juillet 1997, dans le cadre de la circulaire Chevènement. Comment cela   s'est-il passé après?
  Quand la gauche a gagné les élections législatives, en mai 1997, j'étais content.
  Ils avaient fait la promesse d'abroger les lois Pasqua-Debré. Moi, j'avais prié
  pour que la gauche passe. Je me disais qu'à ce moment, j'aurais mes papiers.
  J'étais donc très content. J'avais même des amis qui m'avaient dit qu'ils
  voteraient pour la gauche, pour que j'aie mes papiers. Puis, le gouvernement a
  imposé des critères: les personnes mariées seraient régularisées et les
  célibataires devraient avoir passé sept ans en France et avoir travaillé
  légalement pour être régularisés. J'avais travaillé, mais au noir, je n'avais pas de
  bulletins de salaire. Je ne répondais pas aux critères. J'ai quand même déposé un
  dossier. J'ai eu une réponse en mars. Ce n'était pas une réponse de la préfecture.
  J'avais contacté le député de ma circonscription, Jean-Christophe Cambadélis, le
  maire du XIXe arrondissement où j'habite, M. Madec, ainsi qu'un conseiller au
  ministère de l'Intérieur pour qu'ils soutiennent mon dossier. Des personnalités
  comme Jack Lang, l'écrivain Gilles Perrault, les Verts et le Parti communiste
  français ont soutenu notre démarche à travers le Collectif de soutien des homos
  sans papiers que nous avons créé avec des amis.

  J'ai eu la réponse grâce à un courrier adressé au député Cambadélis. Mon dossier
  était refusé parce que j'étais célibataire, sans attaches familiales et sans charge
  de famille. J'ai continué à essayer d'obtenir ma régularisation avec l'aide de mes
  amis, qui ont envoyé des lettres au ministère de l'Intérieur, par la presse aussi.
  C'est tout cela qui a fait basculer la décision en ma faveur.

Vous sentez-vous solidaire de tous ces sans-papiers qu'on a vu manifester, qui ont occupé l'église Saint Bernard, qui ont reçu le soutien des cinéastes, qui ont fait des grèves de la faim?
  Oui, je me sens vraiment solidaire d'eux. J'ai le sentiment qu'on est tous
  étrangers. Je sais que pour tous les étrangers qui quittent leur pays, qui
  viennent vivre en France, ce n'est pas facile. Je souhaite qu'on régularise tous les
  sans-papiers. Il y a 150 000 étrangers dans cette situation, ce n'est pas
  beaucoup.

Avez-vous, vous aussi, participé à des manifestations de ce genre?
  Oui, j'ai beaucoup manifesté. J'étais content d'y aller. Je me disais que comme
  ça, on serait plus nombreux, ils seraient obligés de nous régulariser.

Imaginez-vous maintenant retourner un jour à Maurice?
  Oui, bien sûr. J'ai eu mes papiers, je vais travailler, et puis je prendrai des
  vacances pour aller voir mes parents, mes frères et soeurs. Cela fait six ans que
  je ne les ai pas vus et j'ai très envie de les retrouver. Maintenant, ce n'est qu'une
  question de temps.

Et maintenant, que comptez-vous faire? Y a-t-il des choses que vous avez envie de faire, maintenant que vous êtes en situation régulière?
  D'abord, on a créé un collectif pour aider d'autres sans-papiers. Je suis passé
  par là: c'est très difficile de rester sans papiers en France. Je vais me battre et
  les aider dans leurs démarches, les soutenir, tout faire pour qu'ils trouvent une
  solution. Je vais aussi travailler, je vais vivre normalement. Je vais enfin pouvoir
  vraiment visiter Paris, la France.

Justement, comment faisiez-vous pour circuler jusqu'ici?
  Je prenais le métro, le bus. Mais pas comme tout le monde.J'évitais de trop me
  déplacer. Maintenant, c'est différent. Je suis plus à l'aise, même dans la rue. Je
  suis tellement content; je trouve que la vie est belle. J'ai enfin le droit de vivre
  ici. La France m'a accepté.

Avez-vous l'impression d'avoir trouvé ce que vous cherchiez quand vous vouliez venir en France, il y a sept ans?
  Oui, c'est cela. Au début, quand je suis arrivé en France, même quand je n'avais
  pas de papiers, j'ai trouvé que c'était autre chose. Ici, en France, on est libre, on
  peut se promener où l'on veut. On se sent libre. Ici, les gens ne vous surveillent
  pas comme à Maurice.

Et si c'était à refaire?
  Je n'ai pas de regrets. Je suis très content d'être en France.
  C'est ce que j'ai   toujours voulu. Je me suis battu parce que c'était mon désir de vivre en France.
  J'ai gagné mon combat. Je n'ai pas de regrets, Maurice ne me manque pas, mais je pense à mes
  parent.

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Paru dans 
 
 
Homos sans papiers
Une pétition-manifeste a été lancée à l'initiative de couples mixtes (français-étranger) pour que soient régularisés les sans-papiers homosexuel-le-s. En effet, classés comme
célibataires, les homosexuel-le-s étrangers sans papiers n'ont pour la plupart pas pu bénéficier de la régularisation, le gouvernement ayant, par le biais des préfectures fait jouer essentiellement la carte dé la famille contre les célibataires. La pétition pointe notamment le fait que le droit de vivre avec la personne de son choix est un droit fondamental, que toute expulsion de malades étrangers atteints du sida ou de pathologies graves, toute expulsion de gais, lesbiennes, transexuel-le-s est une atteinte aux droits de la personne, d'autant plus que dans  certains pays, les menaces sont très nombreuses :  pressions familiales, persécutions et violences sociales. Refuser le droit au séjour, c'est refuser de voir les risques et les discriminations dont les gais et lesbiennes peuvent être victimes.
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Paru dans EX-AEQUO

Lionel Povert et Nazeer Shadoo Buccus qui vivent ensemble depuis cinq ans ont constitué, le 21 mars dernier, le Collectif des Homos Sans Papiers afin d'attirer l'attention sur la situation de "nos amant(e)s"" de nationalité étrangère.
Homos sans papiers dans l'attente d'une loi
Un Collectif des Homos Sans Papiers s'est constitué pour réclamer la régularisation de la situation administrative de gays, lesbiennes et transsexuels étrangers. Retour sur une situation d'exclusion dont le vote de la loi Chevènement sur l'immigration ne constitue pas forcément l'arrêt.
Ca ne m'amuse pas du tout ce collectif", répètera plusieurs fois Lionel Povert, initiateur, avec sonamant mauricien Nazeer Shadoo Buccus, du Collectif des Homos Sans Papiers. Constitué le 21mars dernier, le Collectif entend attirer l'attention de "tous les gays" sur la situation de "nos amant(e)s"" de nationalité étrangère, sans papiers, "désormais menacés d'être expulsés du territoire français ». Une « pétition - manifeste » est actuellement hébergée par le Centre Gay et Lesbine dont le Groupe Sans Papiers, dirigé par Anne Rousseau et Marine Rambach,, s'affirme "débordé" par les demandes qui lui sont soumises. Rien que pour l'année 1997, ce groupe a eu à débrouiller le cas d'environ vingt-cinq demandes d'aide concrète.

"I l nous faut gérer l'impossible", déplore An ne Rousseau. Car en l'absence du CUS, les homosexuels, bien qu'en couple depuis cinq ans comme c'est le cas de Nazeer et Lionel, sont éternellement assimilés aux célibataires. L'asile politique n'a de chances
d¹être accordé aux homosexuels (et encore!) que s'ils présentent des preuves écrites, délivrées par la police, des persécutions dont ils ont été victimes dans leur pays d'origine. Une démarche "impensable et impossible", souligne Anne Rousseau,
dans un pays tel que l'Algérie. L'exemple de Fayçal (2), brutalisé par la police algérienne, est révélateur. Et tandis que les expulsions continuent, les sans-papiers en général sont dans l'expectative d'une très hypothétique régularisation prévue par la circulaire Chevènement. Celle-ci, datée du 24 juin 97 et adressée aux préfets, fixait les critères de régularisation dans l'attente du vote de la nouvelle loi sur l'immigration. En déposant leur dossier dont l'examen s'achève le 30 avril, les homosexuels étrangers espèraient répondre aux conditions requises. Soit ils entraient dans la catégorie des
"étrangers sans charge de famille", "résidant depuis au moins sept ans" ou qui ont connu une "période de séjour" en France. Soit ils étaient considérés comme des "personnes courant des risques en cas de retour dans leur pays d'origine". Nazeer avait retrouvé
confiance. Le maire d'arrondissement, Roger Madec (PS), leur a octroyé, à Lionel et lui, un certificat de concubinage et ils ont eu le soutien de Jean-Christophe Cambadélis (PS). "Je suis privilégié", concède Lionel Povert. De plus, un courrier daté du 19 septembre, émanant du préfet de police de Paris, Philippe Massoni, et adressé à Jean-Yves Autexier,, conseiller auprès du ministre de l'Intérieur, stipulait: "Je puis vous indiquer que l'intéressé peut solliciter l'examen de sa situation administrative" au vu de ladite circulaire.

Ils sont donc 150 000, à l'instar de Nazeer, à avoir déposé une demande de régularisation. Aujourd'hui, on estime que la moitié seulement des requêtes seront satisfaites. La priorité sera donnée aux familles. Nazeer est passé à la trappe.
Débouté de sa demande. Jean-Paul Geoffroy, chef de cabinet de Jean-Pierre Chevènement, dans un courrier daté du  17 mars 1998 à l'attention de M. Cambadélis, notifie : « Célibataire et sans charge de famille, l'intéressé ne remplit aucun des
critères de régularisation  prévus par la circulaire ministérielle". la suite d'une rencontre avec Patrick Quinqueton, conseiller chargé à l'immigration auprès du ministre, Jan-Paul Pouliquen, président du Collectif pour le Contrat d'Union Civile et
Sociale (CCUCS), confirme: "pas de régularisation" pour les homos sans papiers, et "pas de moratoire". L'expulsion à court ou moyen terme, donc. Contacté, le cabinet du ministre n'a pas donné suite à notre demande d'interview.

Reste la loi Chevènement sur l'immigration qui sera votée par le parlement le 8 avril. Militants comme sans-papiers restent suspendus à l'espoir suscité par le ministère de l'Intérieur. Jean-Paul Pouliquen dit avoir obtenu la garantie que les couples gay
binationaux seront bien concernés par la nouvelle législation sur la base de la "vie privée et familiale". Et de renvoyer au 7e alinéa de I'article 12 bis qui, selon le président du CCUCS, verrait l'octroi d'un "titre de séjour d'un an suivi d'un renouvellement" à l'étranger dont, indique le projet de loi, "les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie
privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus". Pour autant, rien ne dit qu'il faut distinguer derrière cette disposition un homosexuel célibataire ou même en couple. Lors de la séance parlementaire du 26 février 98, Jean-Luc Warsmann, député RPR des Ardennes, a interpellé M. Chevènement à ce sujet. Sa réponse est ambiguë: "Pas de provocation !" Quel qu'ait été le sens de la question, le ministre n'a pas prononcé le mot "homosexuel", n'a ni infirmé ni confirmé, laissant ainsi
planer le doute sur l'interprétation de l'alinéa. Et ainsi que l'indique Anne Rousseau, "Si l'intitulé est vague, l'administration aura toute latitude d'interpréter la loi à sa guise". Il n'est donc pas exclu pour l'heure, en l'absence des décrets d'application qui fixeront toute lecture de la loi, qu'une situation identique à celle de la circulaire se répète. "Il faut cesser d'être naïf", s'emporte Lionel Povert. "Il faut se battre ensemble", répond en écho Nazeer Shadoo Buccus.

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Communiqué de presse du CSHSP

Pourquoi un collectif des homos sans papiers?

La situation des homosexuels, lesbiennes et transexuel/les sans-papiers rejoint dans une grande mesure celle de tous les sans-papiers. Cependant, cumulant nationalité étrangère et appartenance à une minorité sexuelle, ils sont doublement exposés aux discriminations.

Le collectif travaille sur deux axes:

1)  obtention d'un titre de séjour pour les concubin(e)s homosexuel(le)s

En l'absence de reconnaissance des couples homosexuels, il est à l'heure actuelle quasiment impossible' au concubin d'un Français ou d'un étranger en situation régulière d'obtenir un titre de séjour à ce titre. Les liens affectifs, la durée de vie commune, le lien social qui lient ces couples sont totalement niés.
A titre d'exemple, Alain et Sundi, Malgache, vivent en couple depuis 7 ans. Sundi a bénéficié de titre de séjour en tant qu'étudiant mais ce titre n'a pas été renouvellé cette année. La demande de régularisation de Sundi lui a été refusée, ce dernier étant considéré comme célibataire et sans-ressource, au mépris de sa situation réelle: concubin depuis nombreuses années et bénéficiant du soutien financier d'Alain. Sundi a donc été "prié" de quitter le territoire français.

2)  obtention de l'asile politique (ou territoriale) pou homosexualité ou transsexualité

Dans plusieurs pays, l'homosexualité ou la transsexualité sont passibles de la peine de mort. Dans beaucoup d'autres, la prison, les brimades, la torture, le viol, l'internement psychiatrique forçé menacent ceux et celles qui sont soupçonnés d'être homosexuels. Que ces violations soient inscrites dans la loi du pays ou qu'elles soient de fait, il est extrêmement difficile d'obtenir l'asile politique ou territoriale en arguant de ces menaces ou de ces violences.
Le collectif des homos sans-papiers a ainsi constaté que des homosexuels ou transsexuels algériens, dont la vie mise en danger en cas d'expulsion vers l'Algérie, se sont vus refuser un titre de séjour ou restent sans réponse de la part des préfectures.

En octobre dernier une lettre du Ministère de l'Intérieur nous assurait que les dossiers des homosexuels et transsexuels sans-papiers feraient l'objet d'une grande attention. Aujourd'hui nous constatons qu'il n'en a rien été. Les refus se multiplient, beaucoup d'entre nous n'ont tout simplement rien reçu.
Récemment encore, on nous assurait que la carte "vie privée et familiale" pourrait être délivrée aux couples homosexuels et lesbiens. Le texte voté à l'Assemblée n'est pas explicite sur ce point. Par contre, les instructions envoyées par le Ministère de l'Intérieur aux Préfectures laissent peu d'espoir: il y est question de "famille nucléaire" et de "vie maritale". Nous voilà renvoyés une fois de plus à l'arbitraire de l'administration.

Plusieurs dizaines de milliers de sans-papiers vont revenir à la clandestinité dans les jours qui viennent. Parmi eux, des homosexuels, des lesbiennes, des transsexuels. Le Collectif des homos sans-papiers demande:

Contacts: Lionel Povert au 01 42 03 29 09 ou Anne Rousseau et Marine Rambach au 01 46 33 35 31
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Premier résultat positif du combat du Collectif de Soutien des Homos Sans Papiers: Nazeer Shadoo Buccus a obtenu à titre exceptionnel sa régularisation de la préfecture de Paris fin mai 1998. Il lui a été délivré, en tant que célibataire, une autorisation de séjour de trois mois lui permettant de travailler et devrait obtenir en août prochain une carte de un an. Le Collectif continue à se battre pour obtenir la régularisation de celles et ceux qui souhaitent obtenir le droit de vivre en France, aux côtés de leurs ami(e)s et de leurs amant(e)s. Ce premier geste marque un tournant dans l'attitude des autorités à l'égard de la question des homos sans papiers. Le collectif souhaite qu'à terme, en ce qui concerne les couples binationaux, les pouvoirs publics reconnaissent effectivement leur existence: la délivrance d'une carte de célibataire à un concubin homosexuel est un déni, rendu inévitable par l'état actuel de la loi, de reconnaissance de ces couples. Le Collectif réclame la modification de la circulaire d'application de la loi Chevènement concernant la carte vie familiale et privée: rien ne peut en effet justifier que ne soient pas pris en compte clairement leur existence. 
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MAURICIENS D'OUTRE-MER
 
Menacé d'expulsion 
Combat d'un Mauricien homosexuel en France
Nazeer Shadoo Buccus et son compagnon Lionel Povert.
M. Nazeer Shadoo Buccus, 31 ans, Mauricien sans papiers, menacé d'expulsion, se bat pour rester en France parce qu'il y a trouvé l'amour, celui d'un enseignant français dont il partage la vie depuis cinq ans. Dans un article intitulé L'amour sans papiers, paru le 29 avril, l'hebdomadaire français Libération raconte leur combat. Entré clandestinement en France en octobre 1992, Nazeer vient de se voir refuser une demande de régularisation. 

Nazeer partage la vie de Lionel Provert, 39 ans, depuis 1993. Ils habitent l'appartement de l'enseignant à Paris. "Avant d'arriver en France, Nazeer n'avait jamais eu de relations sexuelles et de vie affective. A Maurice l'homosexualité est considérée comme une tare, un motif d'exclusion", écrit la journaliste Elisabeth Lebovici. 

Elle cite ensuite le jeune homme: "C'est une petite île et tout le monde se connaît. Si tu es un peu efféminé, les gens te traitent de sale pédé. A Maurice, je vivais avec mes parents, je n'avais aucun ami. J'allais sur la plage, je voyais des garçons qui se prostituaient avec des touristes, mais je n'osais rien faire. Je faisais semblant de parler comme un hétéro. Je n'en pouvais plus, il fallait que je parte en Europe, loin de mes parents, de mes voisins. Alors j'ai travaillé en usine, travaillé tout le temps pour payer mon voyage." 

Rs 7 000 pour traverser la frontière 

C'est ainsi qu'il y a six ans, Nazeer pénètre le territoire français en clandestinité par la Belgique. Il verse Rs 20 000 à une agence et Rs 7 000 à un passeur pour traverser la frontière. Il connaîtra ensuite les mêmes péripéties que les autres sans-papiers pour trouver un emploi et un hébergement.  

Nazeer rencontre Lionel au cours d'une séance de sauna. Cette rencontre bouleversera les habitudes de l'enseignant car il se mettra à vivre caché comme son compagnon: "J'ai pris conscience de la privation d'autonomie qu'implique le fait d'être sans papiers. On a peur de prendre le métro, il n'est pas évident d'aller au cinéma, c'est difficile de partir en vacances ensemble. Par exemple, lorsqu'on a été en Corse chez mes parents, ce fut un cauchemar, il y avait des flics partout. Maintenant, Nazeer ne voyage plus." 

Collectif de soutien des homos sans papiers  

Le couple a entamé plusieurs démarches en vue d'obtenir la régularisation de Nazeer. Ils se sont affiliés à des organisations de défense des droits des homosexuels et autres lesbiennes, et ont même créé le Collectif de soutien des homos sans papiers. Lionel et Nazeer avaient fondé beaucoup d'espoir sur la victoire de la gauche aux législatives l'année dernière. "Jospin s'était engagé sur l'abrogation des lois Pasqua-Debré, on connaissait les promesses sur le contrat d'union sociale...  

Le 15 octobre dernier, ils présentent un dossier de demande de régularisation qu'ils croient "en béton" après que le maire du 19e arrondissement leur eut fait un certificat de vie commune. Mais en l'absence de reconnaissance juridique du couple homosexuel en France, leur demande est refusée par les autorités le 17 mars dernier.

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dimanche 17 mai 1998, 13h49 heure de Paris

Sans-papiers: cérémonie-marathon de parrainages républicains à Saint-Denis

--Par Jean-Marie Godard--

SAINT-DENIS (AP) -- Dimanche, le théâtre Gérard-Philippe de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) a
fait salle comble. Aucune pièce, aucun concert ne s'y déroulait mais plusieurs centaines de
personnes, anonymes ou connues, y étaient rassemblées pour parrainer symboliquement des
sans-papiers dont la demande de régularisation a été rejetée.

L'opération-marathon qui doit se dérouler, sans aucune pause, jusqu'à lundi minuit, a pour but pour
permettre le parrainage d'au moins 1.500 sans-papiers en deux jours. Elle est organisée par le
collectif Droits Devant! et le metteur en scène et directeur du théâtre, Stanislas Nordey.

Parmi les parrains et marraines, figurent les cinéastes Claire Denis, Léos Carax ou encore Patrice
Chéreau dont la venue est annoncée lundi après-midi.

``Les personnalités sont priées de se faire discrètes. Le but de l'opération, ce n'est pas de montrer
que c'est la jet-set parisienne qui est venue, mais également beaucoup de citoyens lambda'', a
expliqué Stanislas Nordey à l'Associated Press.

Ainsi, dimanche après-midi sur la scène du théâtre, plusieurs centaines de parrains et marraines ont
défilé en compagnie de leur filleul, devant le député écologiste Noël Mamère, les députés-maires
communistes Patrick Braouezec et Jack Ralite, ceints de leur écharpes tricolores.

``Par cet acte, vous vous engagez à l'aider et à l'assister dans ses démarches administratives'', ont
déclaré les officiants à l'intention des parrains et marraines.

``Par votre démarche, vous nous aidez à remplir notre devoir d'hospitalité et de citoyenneté'', ont-ils
ajouté pour les filleuls, originaires pour la plupart de pays d'Afrique de l'Ouest (Sénégal, Mali) ou
d'Asie (Chine).

Ils sont venus seuls, en couple ou en famille. Tous se sont vus remettre une carte portant leur nom,
leur prénom et leur nationalité, ainsi que le nom et le numéro de téléphone de leurs parrains, qu'ils
pourront contacter en cas de difficulté pour remplir un dossier ou d'interpellation lors d'un contrôle
d'identité.

Mais le statut prononcé lors de ce parrainage républicain n'a aucune valeur juridique, et reste
strictement symbolique. Rien ne pourra s'opposer effectivement à une éventuelle expulsion.

François Chandier, directeur des ressources humaines dans une banque, mais surtout ``militant du
Parti socialiste'', a pris sous son aile Touré Baraka, un Sénégalais de 38 ans. ``J'ai fait cela parce
que c'est un engagement concret, individuel, qui va beaucoup plus loin qu'une simple manifestation
de rue'', dit François Chandier.

``Malgré mon attachement au Parti socialiste, je suis totalement contre le dispositif Chevènement et
très en colère contre Jospin qui avait pris position pour une régularisation plus large'', souligne-t-il.
``Je crois ne pas être le seul dans les rangs du PS''.

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Article paru dans  du mercredi 29 avril

Lionel Povert, français, et Nazeer Shadoo Buccus, mauricien, se battent pour obtenir le droit de vivre ensemble en France.

L'amour sans papiers
NAZEER SHADOO BUCCUS ET LIONEL POVERT EN  
5 DATES 

Septembre 1959 
Naissance à Paris de Lionel. 

Mai 1966 
Naissance à l'île Maurice de Nazeer. 

Octobre 1992 
Arrivée à Paris, sans visa de séjour, de Nazeer et demande de statut (rejetée six mois plus tard) à l'Ofpra.

Juin-juillet 1997 
Envoi à la préfecture de Paris  
de la demande de régularisation de Nazeer, dans le cadre de la circulaire Chevènement. 

17 et 21 mars 1998 
Refus de régularisation communiqué au député Cambadelis par le cabinet de Chevènement. Création du collectif de soutien des homos sans papiers. Premiers signataires : Marie-Jo Bonnet, Jean-Luc Hennig, Gilles Perrault.



Par ELISABETH LEBOVICI
Photo LUDOVIC CAREME
Le 29/04/98

Leur histoire commune pourrait commencer comme une comédie musicale: «Nazeer et le garçon formidable». Décor: un sauna parisien. Le garçon formidable s'appelle Lionel et il porte des lunettes. «Quand j'ai vu Lionel avec ses lunettes, dit Nazeer, j'ai reconnu le portrait de l'homme que j'avais imaginé dans ma tête.» «Je me souviens, ajoute Lionel de son côté, je descendais l'escalier et je vois ce beau garçon. Il m'a regardé avec des yeux... Jamais on ne m'a regardé comme ça. Je suis allé vers lui, ça s'est fait en quelques secondes, au grand dam de la petite cour d'hommes qui tournait autour de lui.» Dans le petit appartement parisien de Lionel Povert l'instituteur, qu'ils partagent depuis 1993, ils sont serrés entre des livres et des masses de papiers. Lionel garde ses lunettes. Nazeer a ôté les siennes pour parler. La musique est triste et la comédie a viré à l'orage: car Nazeer est sans papiers et sa demande de régularisation ó soutenue par une pléiade d'«amis» de la majorité plurielle ó n'est pas acceptée. Il est donc menacé d'expulsion.

Avant d'arriver clandestinement en France, à 26 ans, Nazeer Shadoo Buccus n'avait jamais eu de relations sexuelles. Ni de vie affective. A l'île Maurice, d'où il vient, l'homosexualité est considérée comme une tare, un motif d'exclusion. «C'est une toute petite île et tout le monde se connaît, explique Nazeer. Quand tu parles un peu différemment, si tu es un peu efféminé, tout de suite les gens te traitent de sale pédé. A Maurice je vivais avec mes parents, je n'avais aucun ami. J'allais sur la plage, je voyais bien des garçons qui se prostituaient avec des touristes, mais je n'osais rien faire. Je faisais semblant de parler comme un hétéro. Je n'en pouvais plus, il fallait que je parte, je devais partir en Europe, loin de mes parents, de mes voisins. Alors j'ai travaillé en usine, travaillé tout le temps pour payer mon voyage.» Sa demande de visa pour la France est refusée. Nazeer trouve une agence qui lui fait un billet pour la Belgique: 20 000 roupies (7 000 F), soit dix mois de salaire environ. Et puis, il faut payer le passeur, 2 000 F supplémentaires. A ce moment de l'histoire, Lionel et Nazeer s'engueulent. «Il faut parler du passeur, explose Lionel. Il y avait une fille avec Nazeer et elle a dû passer à la casserole.» Nous sommes en octobre1992.

A Paris, où il ne connaît personne, la galère habituelle débute. Nazeer passe d'hébergement provisoire en logement précaire. Un coin de canapé contre un loyer de 2 000 F, plus les clopes, les petites courses à payer, le ménage à se taper, se réveiller tôt, se coucher tard: «A chaque fois je voulais qu'on me garde, explique Nazeer. Après quelques semaines, on te dit: "Habille-toi." Tu plies tes vêtements dans ton sac, tu te dis qu'on a trouvé un endroit pour toi. Mais ton logeur a pris ton sac, l'a descendu à côté des poubelles et il te dit: "Bon. Tu te débrouilles maintenant."» Une fois, l'un de ses logeurs lui trouve un boulot dans l'atelier de confection où il travaille, mais exige qu'il marche derrière lui sans avoir l'air de le connaître, sous prétexte qu'il craint d'être arrêté à son côté. Nazeer enchaîne les histoires cauchemardesques: les seize heures de repassage quotidiennes, les employeurs qui, tout à coup, lui donnent la moitié de sa paie et, le mois d'après, plus rien du tout.

Entre-temps, Nazeer s'est déniaisé. «Un jour, je me promenais à Châtelet, un homme m'a abordé, m'a emmené dans un bar homo, rue de la Ferronnerie. Je n'avais jamais vu des garçons s'embrasser, je découvrais qu'on pouvait toucher un autre garçon. J'étais très content.» Il se fait draguer. On l'emmène au sauna. Rechoc. Il ne s'est jamais dénudé devant d'autres hommes. Il retourne au sauna, une fois, deux fois. La troisième, il rencontre Lionel; ils habitent ensemble assez vite. Lionel est instit et ancien pigiste à l'hebdomadaire Gai Pied. Il a écrit un dictionnaire des gays, c'est dire qu'il est «visible», comme homosexuel. Comme citoyen aussi. «Moi je suis fonctionnaire et propriétaire. J'ai pris conscience de la privation d'autonomie qu'implique le fait d'être sans papiers. On a peur de prendre le métro, il n'est pas évident d'aller au cinéma, c'est difficile de partir en vacances ensemble. Par exemple, lorsqu'on a été en Corse chez mes parents, ce fut un cauchemar, il y avait des flics partout, à la gare, à la gare maritime, etc. Maintenant, Nazeer ne voyage plus.» Ils dorment mal. Dans la cuisine, à côté de l'évier, une liste dactylographiée de calmants. C'est pour canaliser leur colère qu'ils ont pris leur carte à Act Up (ils sont aussi au Mrap, à Droits devant, au Centre gai et lesbien) et, dans la foulée, créé le Collectif de soutien des homos sans papiers (1). Ils ne veulent plus être seulement «des pédés consommateurs et spectateurs, mais des acteurs». Car c'est à l'autre Lionel qu'en veulent Lionel et Nazeer.

Retour au printemps 1997 et à la victoire de la gauche aux législatives. Lionel: «J'ai dit à Nazeer: "C'est bon!" Jospin s'était engagé sur l'abrogation des lois Pasqua-Debré, on connaissait les promesses sur le contrat d'union sociale... Le soir du second tour, lorsque j'ai téléphoné à la conseillère PS du quartier, elle n'était pas très chaude pour présenter le dossier de Nazeer. Bon. Nazeer n'entre pas dans les critères de la circulaire Chevènement. Mais on passe des coups de fil. Jean-Pol Pouliquen, animateur du Collectif pour le contrat d'union civique et sociale, est formel. Je contacte l'assistante de Cambadelis, aucun problème. Le maire du XIXe nous fait un certificat de vie commune. Le dossier est béton. On le présente le 15 octobre 1997.» Le refus de régularisation leur tombe dessus le 17 mars. Nazeer n'est pas le seul: les gays et lesbiennes sans papiers, même s'ils sont victimes de discriminations dans leur pays, n'ont guère de chances de construire une vie affective en France, en l'absence de reconnaissance juridique du couple homosexuel.

Ils ont eu beau prendre le «tarif couple» au Mrap, l'association refuse son soutien: «Vous allez droit au casse-pipe.» L'instit décrit aujourd'hui son état comme une «schizophrénie totale». Inclus dans la société civile ó il vote, il enseigne, il paie ses impôts ó, il est en même temps exclu de celle-ci, sans droits à sa vie privée. «Jospin signe le traité d'Amsterdam avec une clause concernant la non-discrimination en matière d'orientation sexuelle. Et il lui suffirait tout de suite de faire appliquer l'alinéa 7 de l'article 12 bis de la circulaire Chevènement (les cas de regroupement) en supprimant le flou qui l'entoure, en nommant l'homosexualité. Il faut me dire s'il veut maintenir les homos sous le boisseau, dans un apartheid subtil.»

Nazeer a désormais tout à perdre: «Depuis que j'ai rencontré Lionel, j'ai peur. Avant je m'en foutais, maintenant j'ai peur qu'on m'expulse, je ne peux pas vivre sans lui.» Qui accepterait de se voir refuser de vivre avec la personne qu'il aime? Quant à Lionel, il prévient: «Nous revendiquons notre citoyenneté. Les homos vont entrer dans l'espace politique, pas seulement en tant qu'électeurs, mais en tant que représentants.» Ils ont choisi paradoxalement, pour e-mail, le nom de bachelors: célibataires.
(1) CDHSP, c/o Centre gai et lesbien, 3, rue Keller, 75224 Paris Cedex 11. e-mail:
CDHSP@wanadoo.fr. Tel/fax: 01.42 03 29 09.

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Article paru dans 

SANS-PAPIERS
Alors que la loi Chevènement sur l’immigration est adoptée, le Collectif de soutien des homos sans papiers poursuit son action en vue d’obtenir par pression sur les autorités politiques et administratives la régularisation des personnes homosexuelles et transsexuelles sans papiers, la reconnaissance de leurs droits, en particulier à une vie privée, tant pour eux-mêmes que pour leurs partenaires français ou étrangers en situation régulière. Issu du milieu associatif (Act Up-Paris, Droits Devant, et le Centre Gai & Lesbien), le Collectif est né le 21 mars dernier afin de protester contre les expulsions d’homosexuels, de lesbiennes et de transsexuels sans papiers.
Le Manifeste du Collectif de soutien des homos sans papiers rappelle notamment que les gais (homosexuels, lesbiennes et transsexuels) étrangers expulsés sont condamnés à subir des pressions familiales, des persécutions et des violences sociales et/ou politiques en raison de leur identité et de leur mode de vie qui peuvent aller jusqu’à l’assassinat. Leur refuser le droit au séjour, c’est refuser de reconnaître le caractère particulier des risques et des discriminations spécifiques dont ils sont victimes.
Les homos sans papiers sont des têtus.
Pour signer la pétition du Collectif de soutien des homos sans papiers, contactez Nazeer Shadoo Buccus et Lionel Povert au 01 42 03 29 09, ou Anne au 01 46 33 35 31.
E-mail : CDHSP@wanadoo.fr

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Le Collectif a participé à la manifestation de soutien aux sans-papiers le 4 avril à Paris. Le Collectif était également présent au stage national d'information consacré à la lutte contre les discriminations par le Parti Communiste Français. Le Collectif a également pris contact avec les Verts. Il nous semble, en effet, important et très urgent que les partenaires de la majorité plurielle s'expriment et agissent, en fonction de leur attachement réel et concret aux valeurs qu'ils entendent défendre: un silence solidaire des positions gouvernementales très dures équivaudrait à nos yeux à un acquiescement tacite et complice.

Le Collectif souhaite que tous les parlementaires qui se sentent capables de courage politique défendent clairement le respect des droits qui sont ceux des homosexuels, qu'ils soient étrangers, français, en situation régulière ou non. Au-delà de la loi Chevènement, les circulaires d'application, le rééxamen éventuel des dossiers, ne pourront éventuellement transformer la situation présente qu'avec le soutien et la pression grandissante de tous les éléments sociaux, civils et politiques de ce pays.

La séance parlementaire du 8 avril, à l'occasion des questions d'actualité nous dira si la novlangue de Chevènement triomphe ou si le désir de voir les libertés individuelles reconnues et respectées trouve un écho dans la bouche de nos élus.

Le Collectif souhaite que la loi sur le C.U.C.S. soit très rapidement examinée et qu'elle respecte les engagements pris sur la question des homos sans papiers partenaires de Français ou d'étrangers en situation régulière. En effet, il ne serait pas acceptable, à nos yeux que les partenaires d'étrangers en situation régulière soient discriminés par rapport à celles et ceux vivant avec un(e) Français(e).

Le Collectif se félicite que Mr Jospin veuille modifier la constitution pour permettre une meilleure égalité des sexes, au profit d'une citoyenneté pleine et entière, une meilleure reconnaissance des femmes: si ce doux rêve se concrétisait, il serait judicieux d'en profiter pour inscrire dans la constitution l'égalité des Droits, quelle que soit l'orientation sexuelle.

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Le 4 avril
Interview de Nazeer Shadoo Buccus, homo mauritien sans papier, et son partenaire Lionel Povert dans l'émission Migrants contre le sida du 4 avril 1998 sur Fréquence Paris Plurielle (106.3 FM) à 22h.

Pour écouter l'interview, il faut d'abord récupérer le logiciel RealAudio.

Migrants contre le sida, c'est tous les samedis soir sur FPP 106.3 FM à 22h, une émission multi-communautaire qui s'adresse directement aux personnes atteintes et à leurs proches.
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Nous avons diffusé le texte du Manifeste lors de la manifestation contre le F.N. du 28 mars, avec comme argumentaire qu'il faut se défendre des valeurs du F.N. en refusant que l'actuel gouvernement les mette en application. 80.000 clandestins déboutés seront 80.000 clandestins officiels brevetés Jospin. Ne pouvant être tous expulsés, ils vont constituer de fait et au su de tout le monde une catégorie officielle de sans-droits.
 

 
 
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